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Commons

En quelques chiffres

  • 16 matchs photographiés: 13 matchs de Top 14 (12 à domicile sur 13, 1 à l’extérieur), 3 matchs de H-Cup (poule à domicile), 4 entrainements
  • 2 images remarquables sur Commons, 1 sur Wikipedia (en), plus de 30 images de qualités
  • Des photographies très réutilisées en-dehors des projets

En quelques mots

Avec Léna, on trouvait qu’il y avait très peu d’illustrations pour les joueurs et équipes de rugby à XV sur Wikipédia. Généralement, nous allions chercher, avec le projet rugby à XV, des photos uniquement pour illustrer des AdQ et BA : nous devions longuement expliquer à des contributeurs sur Flickr que nous serions ravis d’utiliser leurs photographies pour Wikipédia.

Comme Ludo29 et Inisheer avaient des accréditations pour photographier du football et du hockey en Suisse, nous avons eu envie de les imiter. Manque de chance, le règlement de la LNR nous empêche d’obtenir a priori des accréditations (puisqu’elles nécessitent une carte de presse), nous nous sommes donc rabattus sur les photographies depuis les tribunes.

Au bout d’une saison régulière, nous avons réussi à dégager de grandes règles. La première, c’est qu’il faut absolument du matériel performant pour faire de la photographie de sport, surtout pour les matchs qui ne se déroulent pas de 14h à 16h lors d’une journée ensoleillée. La seconde, c’est qu’on ne peut vraiment pas prévoir à l’avance les réutilisations qui seront faites de nos photos, du coup c’est bien d’en faire beaucoup. On peut citer le site d’actualité Toulouse7, mais aussi de nombreux (sky)blogs français ou britanniques, et même un joueur du Stade toulousain reprenant une photo de Léna comme avatar Twitter !

Pendant l’été, nous irons sans doute photographier d’autres sports et nous avons mis en place, au sein du groupe des Wikimédiens de Toulouse, un suivi des évènements sportifs auxquels assister. En espérant avoir de nombreuses photographies où le ballon ne serait pas flou :)

En quelques images

Première QI : portrait de Nicolas Bézy

Première QI : portrait de Nicolas Bézy

Première image remarquable de rugby à XV sur Commons (cette photo est une image remarquable sur la version anglophone de Wikipedia)

Dernière photo du Stade toulousain ayant reçu le sceau vert des images de qualité

Il arrive parfois qu’on traite les admins Commons d’obsédés du droit d’auteur, dormant avec le code de la propriété intellectuelle. Il faut dire aussi, à notre décharge, que nous nous retrouvons souvent face à des situations pour le moins complexes. JeanFred a parlé de l’application de l’URAA, je vais ici parler du droit international.

Concernant le droit national à appliquer à un site web, la jurisprudence va dans quatre directions :

  • le droit des serveurs ;
  • le droit du nom de domaine ;
  • le droit du public majoriraire du site ;
  • le droit de l’œuvre présente sur le site;

Il n’y a, à ma connaissance, aucun projet de coopération internationale sur ce point pour permettre une fois pour toute de trancher. Mon mauvais esprit me fait penser que c’est parce que l’industrie culturelle profite de ce flou juridique pour toujours s’appuyer sur la loi la plus restrictive possible et qu’elle n’a donc aucun intérêt à une clarification, vu que pour restreindre les libertés individuelles et taper les méchants téléchargeurs on trouve toujours moyen de s’entendre. Je serais personnellement pour appliquer le droit de l’œuvre, le droit des serveurs pouvant poser problème lorsque des sites ont des architectures complexes avec des serveurs situés à différents endroits, et le droit du public majoritaire très difficile à déterminer dans le respect de la vie privée (et je ne parle même pas des solutions de type “on laisse le fichier accessible aux personnes se connectant avec une IP provenant de tel pays mais pas de tel autre”, qui violent la neutralité du net).

On remarquera déjà deux problèmes : Commons est un site international, il n’y a donc pas de public majoritaire; de plus, quel est le droit d’auteur “naturel” d’une photographie prise à un endroit X par un photographe de nationalité Y et publiée en premier dans un pays Z ? Heureusement, la Wikimedia Foundation a eu l’intelligence de trancher sur ce point, en décidant de garder sur Commons uniquement les œuvres légales à la fois aux Etats-Unis (loi du serveur + nom de domaine) et du droit de l’œuvre.

Ok, et donc, le droit de l’œuvre, c’est pas un peu compliqué aussi des fois ? Quel droit, par exemple, appliquer à la photographie faite par une personne de nationalité x dans un pays y d’un bâtiment conçu par un architecte de nationalité z ? Par simplicité/commodité, la politique sur Commons est d’appliquer la loi y, soit celle où se trouve le bâtiment. Il me semble qu’il n’y a aucun fondement juridique à cela, juste une histoire d’évitement de débats sans fin du type “pourquoi vous avez supprimé ma photo de la pyramide du Louvre alors que vous gardez celle de quelqu’un d’autre” et d’éviter d’avoir à demander la nationalité de chacun des contributeurs.

Mais il se trouve que même cette simpliciation aboutit à des situations complexes. Que faire de la photographie d’un bâtiment construit entre 1876 et 1945 en Alsace-Moselle, donc à l’époque où ce territoire était allemand et donc avec la liberté de panorama, et dont l’architecte est mort depuis moins de 70 ans, donc pas encore dans le domaine public ?

Alors, la prochaine fois que vous exprimez votre avis sur une demande de suppression sur Commons, n’oubliez pas de fournir en plus une boite d’aspirine, l’administrateur qui la clora vous en sera reconnaissant.

Blanchisserie de la Maison Blanche - Harris & Ewing (Domaine public)

Aujourd’hui, en page d’accueil de Wikipedia je vois une photographie ayant, à mon avis, une “licence blanchie”. Du coup, je me suis dit que cela valait certainement le coup de faire un billet de blog expliquant en quoi consiste le blanchiment de licences.

Le blanchiment de licences par Flickr (ou Flickr washing) consiste à faire croire qu’une image non libre est libre car elle a été publiée sur Flickr sous une licence libre à tort, et à l’importer sous Commons avec la caution image libre sur Flickr. Il faut bien l’avouer que, si c’est bien fait, cela peut-être difficile à détecter On pourrait se dire que ce n’est pas aux commonistes de s’en occuper, mais cela est à mon avis leur rôle que Commons soit le plus clean possible (on ne pourra pas faire la perfection) et ainsi limiter les risques pour les réutilisateurs, souvent les wikipédiens.

Dans le cas que je présente, on a importé sur Commons trois photos provenant d’un compte Flickr d’une fan de Michael Schumacher qui regroupe des photos de presse et autres de son champion et les mets sous licences libres. Malheureusement les images ne sont pas devenues libres, elles ont donc été supprimées de Commons. Il est très probable que cette fan soit de bonne foi totale et n’ait absolument pas conscience de mal faire.

Exemple de Flickr Washing

La photo de Schumacher sur Wikipédia était probablement une image blanchie

C’est aussi pourquoi les wikipédiens peuvent faire des tests simples tels que: si une photo est de très bonne qualité et publiée sans donnée EXIF, il peut être intéressant d’examiner les contributions de la personne qui a uploadé l’image et de redoubler d’attentivement si elle vient de Flickr. Dans ce dernier cas il faut certainement examiner d’un peu plus près les photos du compte Flickr d’origine pour se faire une idée.

Régulièrement, quand on parle de droit d’auteur des architectes on en arrive à la question de l’éclairage et en particulier l’éclairage de la tour Eiffel.

Petit rappel, la tour Eiffel est une tour en fer construite à Paris en 1889 par Gustave Eiffel (et plein de petites mains) dans le cadre de l’exposition universelle de 1889. En tant qu’œuvre architecturale, elle s’élève dans le domaine public au 1e janvier suivant l’anniversaire des 70 ans de la mort de son architecte Stephen Sauvestre: c’est à dire le 1e janvier 1990. C’est d’ailleurs ce que l’on peut lire sur le site de la tour Eiffel quand on cherche à savoir si on peut faire des photos de la tour Eiffel :

« La tour Eiffel construite en 1889 est dans le domaine public. Les vues de jour de la tour Eiffel sont libres de droits. »

La tour Eiffel - CC-BY-SA/GFDL Tristan Nitot

Tout de suite après avoir précisé que ceci n’était valable que de jour, le site de précise que:

« En revanche ses différents éclairages sont soumis à des droits d’auteurs et des droits de marque. Toute utilisation de ces images doit faire l’objet d’une demande préalable auprès de la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel (SETE). »

La tour Eiffel de nuit - CC-BY-SA Joshua Veitch-Michaelis

Il faut prendre ce genre d’information avec des pincettes, car la page en question manque cruellement de rigueur[1]. La SETE (ou l’agence de comm qui a fait le site) y mélange allègrement plein de choses :

  • Le droit à l’image, a priori ce n’est pas le sujet, cela concerne la protection de la vie privée des personnes mais pas celle des bâtiments.
  • Le droit des marques, a priori cela ne concerne toujours pas les photographies, car les photographes n’utilisent pas la “La Tour Eiffel” sur leurs photos (si cela peut rassurer la SETE sur l’intention des photographes).
  • Le droit d’auteur, c’est cela qui nous intéresse pour la publication de photographies.

Un utilisateur de Wikimedia Commons curieux a été posé la question récemment[2], voici la réponse (en anglais) qu’il a reçue :

« In reply to your request, we are pleased to send to you a piece of information about the copyrights registered by our society. The lighted image of the Eiffel Tower is registered in France at the “INPI” under the number 1379547 from March 26th 1996,the Eiffel Tower twinkling, No. 03/3229520, renewed on 6 June 2003. The name “La Tour Eiffel” is registered in France at the “INPI” under the number 1310358 from February 14th 1995, The “Tour Eiffel phare” vignette, No. 99803691, since 20 July 1999. The lighted image of the Eiffel Tower in red has been registered at the “INPI” under the number 3269666 from January 2004. So, they cannot be reproduced without our authorization. In your project to show your images of the Eiffel Tower by night, with or without sparkling lights on your private website the copyright to mentioned will be “SETE – illuminations Pierre Bideau”. »

La SETE nous informe de l’enregistrement auprès de l’INPI (office de dépôts de brevets, marques, dessins) de droits d’auteur (“copyrights”) avec les numéros d’enregistrements correspondant.

  • n° 1379547 l’image de la tour Eiffel éclairée
  • n° 03/322952 la tour Eiffel scintillante renouvelé en juin 2003 (NdR: ah le droit d’auteur se renouvelle, je le savais pour les brevets mais pas pour le droit d’auteur)
  • n°1310358 la tour Eiffel en rouge
  • n°99803691 la vignette/tableau le “Phare de la tour Eiffel” (NdR: si quelqu’un sait ce que c’est ?)

C’est assez étonnant, car le droit d’auteur existe du fait de la création de l’œuvre et non parce qu’il est enregistré. A l’INPI, on enregistre des marques, des brevets, etc.[3]. Là encore, les photographes pourraient répondre qu’ils ne comptent pas enfreindre les brevets de la SETE car ils ne souhaitent pas reproduire leur système très complexe d’éclairage pour le mettre sur l’arbre de Noël de leur village, mais qu’ils désirent simplement prendre une photo.

Dernier point crucial, la jurisprudence:

L’arrêté de la cour de cassation du 3 mars 1992 reconnaît le droit d’auteur des créateurs du spectacle sonore et visuel La mode en images de 1989. Pour faire simple, ce n’est pas l’éclairage standard de la tour Eiffel, mais le jeu de lumière et d’effet créé pour l’occasion qui est reconnu par la cour de cassation.

En résumé

  • La tour Eiffel est dans le domaine public.
  • La marque “La Tour Eiffel” appartient à la SETE.
  • La SETE a déposé à l’INPI l’éclairage, l’éclairage en rouge, et le phare : mais sous quelle forme ? des brevets ? des dessins ? J’avoue que j’aimerais bien voir de quoi il en retourne, mais j’ai du mal à trouver. Par contre j’ai l’impression que c’est plus de la priorité industrielle que de propriété intellectuelle, et que cela ne devrait pas entraver la publication de photographie.
  • Un spectacle de son et lumière (avec des animations de lumières) mettant en scène la tour Eiffel a été reconnu comme ouvrant des droits d’auteur
  • On ne sait pas ce qu’un juge dira de l’éclairage (hors spectacle) de la tour Eiffel (à moins que j’ai manqué une décision importante d’une cour de cassation)

Pour la petite histoire, dans un premier temps sur Wikimedia Commons, toutes ces photos étaient proposées à la suppression (hors cas de De minimis), depuis novembre 2011, elles ont toutes été restaurées.

Bref, à chacun de faire comme il le souhaite, mais je pense qu’il ne faut pas se laisser impressionner par une série de brevets ou marques car ce n’est pas la question.

[1] pour reprendre l’expression usuelle des professeurs de mathématiques
[2] j’ai aussi envoyé un e-mail en français, sans réponse pour le moment
[3] etc.: des dessins

C’est l’actualité de la semaine dont personne (ou presque, merci Alex) ne parle : la Cour Suprême des États-Unis a rendu son verdict dans l’affaire Golan v. Holder. Il faut dire que la semaine a été singulièrement chargée. Les institutions impliquées dans la défense de cette affaire (Wikimedia Foundation, Electronic Frontier Foundation, Creative Commons…) n’ont pas encore commenté officiellement cette décision, ce que j’attends avec impatience.

Nous avons tenté d’expliquer au mieux les tenants et aboutissants sur le blog de Wikimédia France, aussi ce billet se concentrera sur l’affaire vue côté Wikimedia Commons.

Quel est le souci ?

On peut résumer ça simplement :

  • la Cour Suprême confirme que des tas d’œuvres ne sont plus dans le domaine public aux États-Unis ;
  • Wikimedia Commons doit respecter la loi des États-Unis ;
  • il y a du ménage à faire.

Certains s’offusquent que le jour même du verdict, on parle déjà de supprimer des fichiers − on manquerait de recul. Contrairement à ce qui l’on peut penser, les Commonistes savaient très bien de quoi il retournait. Le tristement célèbre bandeau {{Not-PD-US-URAA}} existe depuis 2007. Cela fait des années que l’on sait que ces fichiers ne devraient pas vraiment être là ; mais on était convaincus (priait pour ?) que l’URAA serait déclarée anticonstitutionnelle. Perdu.

It’s complicated

Évidemment, la règle « Les œuvres publiées entre 1923 & 1978 par un auteur mort après (1996 – durée de protection dans le pays) seront protégées aux US jusqu’à 95 ans après leur publication » est trop simple pour être réelle.

Celui-ci, ça devrait être bon.

Les discussions vont bon train entre experts ès-copyright. On débat de ce qu’est une publication/divulgation, souligne la question de si les œuvres étrangères ont été publiées dans les 30 jours aux USA, questionne la rétroactivité des lois d’extension nationales…

Dernier rebondissement en date pour la France : la directive européenne de 1993 d’extension du droit d’auteur à 70 ans après la mort de l’auteur n’y a été transposée qu’en mars 1997, soit après la date d’entrée en vigueur de l’URAA. Les œuvres provenant de France concernées par l’URAA seraient donc celles publiées après 1923 par un auteur mort après 1946 (et non 1926). Il faut également tenir compte des prorogations de guerre, habituellement caduques : les œuvres publiées avant le 1er janvier 1948 bénéficient d’une extension de 8 ans et 120 jours. Mais attention, cela ne s’applique pas aux compositions musicales, qui bénéficiaient de l’extension à 70 après la mort de l’auteur depuis 1985, et qui donc bénéficient systématiquement des prorogations. Ou pas

Celle-là, c’est bon.

En Inde, la limite n’est pas 1936 (1996 – 60), mais 1941, car la loi de 1992 d’extension de 50 à 60 ans après la mort de l’auteur a été rétroactive à partir de 1991. Et le bandeau {{PD-India-URAA}} d’expliquer doctement que « cette œuvre est dans le domaine public aux USA car elle a d’abord été publiée en Inde (et pas publiée aux États-Unis dans les 30 jours qui ont suivi) et publiée pour le première fois avant 1978 sans se conformer aux formalités de copyright des États-Unis ou après 1978 sans indication de copyright et car elle était dans le domaine public dans son pays d’origine, l’Inde, le 1er janvier 1996, date d’entrée en vigueur de l’URAA ».

Imaginez la situation pour chaque législation de la planète. La page [[Wikipedia:Non-U.S. copyrights]] est à ce sujet riche d’informations et lourde de complexité.

Qu’est-ce qu’on va faire ?

La communauté de Wikimedia Commons discute de plusieurs marche à suivre possibles. Supprimer tout en masse n’est pas une solution : peu de fichiers sont marqués comme concernés l’URAA (les 3 000 porteurs de bandeau ne sont que la partie émergée de l’iceberg) ; et comme c’est plutôt compliqué, certains porteurs de bandeau seront probablement sauvés. On va devoir procéder au cas par cas − avec une première estimation théorique de 1,2 millions de fichiers à vérifier.

On parle de déménager Commons en dehors du territoire américain, mais cela semble peu probable : il y a le coût financier pour installer d’autres serveurs, et surtout le fait que les États-Unis restent (enfin, pour le moment) probablement un des pays d’accueil les plus protecteurs. On parle d’héberger les fichiers en local sur les différents projets Wikimedia qui acceptent le fair dealing, mais cela ne solutionne rien pour les autres. On parle de filtrer les accès par IP pour ne pas afficher les œuvres litigieuses aux États-Unis, mais cela ne solutionne pas la question de l’hébergement − sans compter que le filtrage est une question extrêmement controversée dans la communauté. Quelques-uns proposent de se la jouer ni vu ni connu tellement c’est injuste, mais ce n’est pas franchement le genre de Wikimedia Commons. On parle de créer un deuxième Commons, complémentaire, hors des États-Unis, mais quel pays serait le plus adapté ? La Wikimedia Foundation sera-t-elle en mesure (économique, politique, juridique) de l’opérer ? Certains proposent de solliciter les chapters nationaux, mais ceux-ci ne souhaitent généralement pas devenir hébergeurs de contenus, vu les responsabilités qui vont avec…

L’artillerie lourde

Et à partir de maintenant ? La proposition du moment, c’est d’exiger que tout versement DP sur Wikimedia Commons justifie d’être dans dans le domaine public dans son pays d’origine et aux États-Unis. Le bon vieux bandeau {{PD-Old-70}} ne sera plus suffisant, {{PD-two|PD-Old-70|PD-1923}} sera de rigueur. Et forcément, comme on manque cruellement de main d’œuvre, on va devoir demander ça aux gens qui versent des fichiers.

Les bandeaux liés au droit d’auteur prennent plus de place que l’œuvre elle-même. Normal.

On gonfle déjà royalement des personnes bien intentionnées, à leur demander quand est mort l’auteur, si par hasard ce n’était pas dans une tranchée en 1917… On va devoir en plus leur demander quand l’œuvre a été publiée aux États-Unis ? C’est délirant.

Évidemment, les difficultés s’empilent et les bandeaux avec. Je ne peux m’empêcher d’exhiber le magnifique {{Licensed-PD-Art-two}}, destiné (inspiration) aux reproductions fidèles d’œuvres en deux dimensions passées dans le domaine public dans leur pays d’origine et aux États-Unis, elle-mêmes publiées sous une licence libre mais considérées comme dans le domaine public notamment en vertu de la jurisprudence Bridgeman v Corel. Cette peinture de Robert Delauney permet de voir le monstre en action.

Wikimedia Commons fait de gros efforts (si si) pour être accessible au commun des mortels, mais là on atteint nos limites. On peut refaire le formulaire d’import de fichiers ; on ne peut pas refaire les lois. Il y a quelques mois de cela, je déprimais sur la complexité des œuvres sous licence libre pour le commun des mortels. Déterminer si une œuvre est dans le domaine public est pire.

Les Wikimédiens, Commonistes en tête, se battent et se débattent avec cette complexité. On le fait pour le domaine public et pour le public. Pour que vous ayez accès à une médiathèque la plus riche et la plus clean possible. On ne peut pas vous garantir que c’est parfait ; mais sachez que l’on fait de notre mieux.

Revue de presse

Amis wikipédiens, vous reprendrez bien une couche de neutralité ?

Le 18 janvier la Wikipédia anglophone s’est transformée en tract politique (LittleTony87). La communauté s’est donc engagée [1], dans un acte non neutre (Pierrot le chroniqueur) et même politique de black-out de la version anglophone. Pendant ce temps là, la communauté francophone trolle joyeusement sur Twitter ou sur le bistro du coin pour ou contre le black-out: “non c’est pas neutre”, “mais on s’en fout de ta neutralité”, “oui mais moi je suis engagé”, “c’est ainsi que meurt la neutralité du net”, “et les principes fondateurs”, “dans ton cul les PF quand on a plus de liberté” …

Dégageons d’entrée l’argument qui n’a pas sa place dans notre débat communautaire, la neutralité du réseau (la neutralité du net), cela ne nous concerne pas directement (même si sa violation nous touche), elle concerne le filtrage du réseau par le pouvoir et/ou les lobbies.

Remettons les choses au clair. Premièrement, écrire sur Wikipédia est un acte d’engagement dans un projet hors du commun (qui ne devrait pas marcher, mais qui marche très bien), je veux dire une encyclopédie dont le contenu est libre et  cherche à respecter la neutralité de point de vue, et qui est écrite par tous. Ce sont trois grands principes (il y en a d’autres) mais ceux là ne sont vraiment pas neutres, c’est un engagement [1] pour une encyclopédie différente de celle que l’on trouve en librairies. Et c’est ça que défend Léna dans son billet Neutralité et encyclopédisme. Personnellement, j’avoue avoir du mal à comprendre comment on peut passer à coté de cela en contribuant à Wikipédia.

Et alors? Au final la communauté francophone ne fera rien, personnellement j’étais pas spécialement chaud car la communauté francophone n’a pas pris le temps d’y réfléchir. J’aime pas trop les lois liberticides et j’ai bien compris que cette lois n’était pas là pour aider la liberté d’expression (les implications finales pour les projets Wikimedia, j’ai pas encore tout saisi), pour cela j’étais assez partisan du bandeau mis sur Wikimedia Commons.

Pourquoi? Simplement parce que Commons est spécial, il n’y a pas de neutralité sur ce projet : une image est loin d’être neutre (composition, exposition, balance des couleurs, instant pris en photo, etc.) comme nous le rappelle si bien Léna sur ce blog dans Retouche pas à ma photo. En bref, Commons a une mission: c’est un dépôt libre (domaine public ou licence libre) de médias pédagogique [2]. Si la loi entrave cette mission (en rendant inaccessible d’autre site pouvant héberger du contenu libre), il me paraît logique que la communauté y réagisse de façon proportionnée : on a commencé par un bandeau, et c’est très bien.

Billet connexe
Ludo, Wikipedia Off-line 

[1] Référence évidente à la présentation de Serein lors de la conférence TEDx de Toulouse
[2] Je n’ai pas trouvé de bonne traduction d’educational.

J’ai vu passer à plusieurs reprises l’idée qu’il ne fallait pas que les photographies utilisées sur Wikipédia soient “retouchées” et qu’il fallait absolument privilégier les photographies “naturelles”, couplée avec l’idée qu’une photographie naturelle est “vraie” tandis qu’une photographie “retouchée” est “non-neutre”, “trop travaillée”, “artificielle”. Je pense que cette idée vient d’une méconnaissance profonde de ce qu’est la photographie et du double sens que prend le mot “retouche”.

Tout est point de vue

Il est absolument impossible de faire une photographie “neutre”. Prenez par exemple une photo du profil d’une personne : si son regard est tourné vers la droite[1], on aura l’impression qu’elle est “tournée vers l’avenir”. Cela vient du fait que, en Occident, on lise le texte de la gauche vers la droite. A l’inverse, un profil regardant à gauche sera tourné vers le passé. Sans compter l’espace vide laissé pour le regard : beaucoup, un “champ de possibilité” s’étend ; peu, “l’horizon est bouché”. On pourrait multiplier les exemples à l’infini (plongée ou contre-plongée, portrait serré, à l’Américaine…).

L’œil, un appareil photo (presque) comme un autre

L’œil humain a une certaine perception des couleurs et des angles : il n’est pas évident que ces “réglages” soient les meilleurs pour percevoir la réalité : les photographies en-dehors du spectre visible sont aussi une représentation de la réalité, qui nous est juste plus difficilement accessible.
L’œil humain est très bon (par rapport à un appareil photographique) dans un domaine : il s’adapte très bien à une faible luminosité. Je ne sais pas si c’est grâce à la persistance rétinienne, au travail du cerveau ou à ses propriétés optiques propres, mais il est très fréquent qu’un humain perçoive de manière confortable une scène et qu’un appareil photo ne prenne qu’une image très sombre : en augmenter la luminosité revient donc à se ramener à une perception humaine.

S’il y a en revanche une différence entre l’humain et l’appareil photo, c’est qu’un humain a deux yeux[2] alors qu’un appareil photo n’a qu’une entrée de lumière. Cela signifie, entre autres, que l’humain perçoit naturellement en 3D[3] alors que l’appareil-photo ne perçoit qu’en 2D. Il est donc nécessaire de donner l’information de profondeur par un autre moyen, à avoir la maîtrise de la profondeur de champ, avec le sujet net se dégageant d’un fond flou.

Hyper-réalité

Lorsqu’on prend un objet ou une œuvre en photo, cherchons-nous à transmettre à quoi ressemblait cet objet sous un éclairage donné, ou à quoi cet objet ressemblerait s’il était placé en “lumière naturelle”, c’est-à-dire au soleil ?

Autre question : cherche-t-on à transmettre l’émotion, l’impression qu’un bâtiment donne quand on le contemple, c’est-à-dire en bougeant et en ayant une vision 3D, ou ce qu’il est possible de capter avec un appareil photo à un point donné ? Quand on enlève des arbres, falsifions-nous la réalité ou rendons-nous le bâtiment plus visible et donc plus facilement communicable ?

[1]Category:People facing right and looking right
[2]Ce blog atteint des niveaux de scientificité jamais égalés
[3]Sauf la moitié des auteurs de ce blog ;)

Photo par Léna, CC-by-3.0

Lors de la dernière rencontre de Wikimédiens de Toulouse, il nous a été demandé pourquoi nous mettions autant de photos en ligne des rencontres du Stade Toulousain auxquelles nous assistons et que nous commencions à “trop” remplir la catégorie dédiée à la saison 2011-2012 du club.

Le présupposé était que, à partir du moment où on dispose d’une dizaine de photos de chaque phase de jeu (plaquage, mêlée, maul, ruck, touche, pénalité/transformation/drop) et de chaque joueur, chaque nouvelle photo n’apportait pas grand chose et que l’on devrait à la limite, à chaque rencontre, se consacrer uniquement à la photographie de l’adversaire du jour (qu’on ne prend par définition par en photo toutes les semaines). Si je ne nie pas qu’il est très, très utile de prendre en photo des joueurs des clubs britanniques quand il y a un match de coupe d’Europe à Toulouse, notamment pour pouvoir enfin ajouter une photo aux articles, je trouve que de disposer, par exemple, de quarante-cinq photographies de Clément Poitrenaud est utile. D’abord, car plus on dispose de photos, plus on peut faire de choix éditoriaux, comme sélectionner les photographies de meilleure qualité, ou les plus représentatives du style du joueur ou d’une saison/période donnée. Ensuite, parce qu’il y a des photographies qui racontent une histoire plus riche que “joueur XX faisant action YY”, comme par exemple celle qui illustre ce billet et qui pourrait très bien s’insérer sur des articles plus généralistes, notamment sur la professionnalisation et la médiatisation du rugby à XV.

Enfin et surtout, cette remarque sur le “trop de photos” est incomplète. Ce qui était pensé, c’est “trop de photos pour Wikipédia”. Or, Commons n’est pas uniquement la somme des photos pouvant illustrer les différentes versions linguistiques de Wikipédia. Il s’agit aussi et avant d’une médiathèque sous licence libre et donc par nature ouverte à tous les usages respectant la licence. Par définition, à part les cas évident de réutilisation, comme la reprise des photos de rugby par un site d’information en ligne, on ne peut pas savoir à quoi les photographies serviront et il est donc absurde de limiter par avance les futurs réutilisateurs. Sans compter qu’il est beaucoup plus rapide de ne mettre en ligne que les photographies que nous jugeons techniquement bonnes et intéressantes plutôt que, à chaque fois, se demander si leur utilité marginale pour Wikipédia dépasse un seuil donné…

C’est la fin décembre, donc l’heure du bilan sur une année qui aura été riche en bâtiments facing left et en chatons récents, ou l’inverse. Commons, ce sont des catégories “femmes portant un chapeau et assises en croisant les genoux avec un collier vert”, des modèles avec plein d’accolades qu’on dirait du LISP mais qui font qu’au final “sculpture en marbre” sera traduit en moldave et des photos qu’elles sont libres de chez libres. Mais c’est surtout un wiki, où quand on a des idées, on peut les implémenter facilement.

Encore plus de modèles

Le premier modèle, c’est {{Rugby match}}, qui permet d’avoir, en haut de chaque catégorie de rencontre sportive, les infos sur la date, le lieu (géolocalisation à venir) et les opposants d’une rencontre sportive. Extrêmement pratique quand on revient avec une centaine de photos à importer, il suffit de faire un modèle dédié et de le mettre sur toutes les photos. Ensuite, il est très facile de rajouter les catégories dédiées aux différentes phases du jeu ou au joueur, à grand coup de Cat-a-lot.

Le second modèle a le même rôle et même fonctionnement, mais pour les la catégorie dédiée à l’exposition temporaire comme un tag et ainsi de distinguer, pour une oeuvre donnée, le musée d’origine et le musée de prise de vue.

Des galeries originales

Les galeries, c’est bien. Les galeries qui reprennent une exposition en faisant des liens vers les peintres, les musées d’origine et les thèmes des peintures, c’est encore mieux.

Des catégories intuitives

L’un des gros soucis des catégories de Commons, c’est que les sous-catégories y sont souvent dans le désordre et selon une présentation alphabétique peu claire. On peut essayer de jouer avec les clés de rangement, ou on peut ajouter un tableau dans la catégorie pour présenter simplement les sous-catégories.

Des fois, les sous-catégories ne peuvent pas être décrites par du texte, ou alors cela nécessiterait de gros efforts. Pas grave, il suffit de faire comme pour ces cinq versions d’un même tableau de van Gogh et de mettre une galerie dans la catégorie.

Et en 2012 ?

Evidemment, chacun de ces usages est largement perfectible (géolocalisation, gestion du multilinguisme, flexibilité). Mais ils montrent que, lorsqu’un besoin apparaît à l’usage, il est généralement facile de le satisfaire par un léger détournement des usages existants plutôt que par un bouleversement en profondeur du logiciel Mediawiki.

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